Éditorial et blogue

Nourrir les chats errants : une bonne ou une mauvaise décision?

Note : Il est important de mentionner que, à mon avis, cette réflexion ne s'applique pas aux animaux sauvages. Cet éditorial ne vise donc que les chats errants, car le chat est un animal domestique et le problème de surpopulation est causé par l'homme.

Certaines villes interdisent aux citoyens de nourrir les chats communautaires, car cela contribuerait au problème de surpopulation féline, favoriserait la transmission de maladies ainsi que la consanguinité en raison du regroupement de plusieurs chats aux mêmes endroits, en plus de favoriser l'abandon des chats.

Je vais partager mon avis, même s’il s’agit d’un sujet épineux et risqué. 

D’abord, je n'encourage pas ceux et celles qui prennent soin d’une quinzaine de chats errants en les nourrissant sur leur balcon, car, effectivement, cela peut causer des problèmes particuliers dans ce territoire donné autant pour les chats eux même que pour les voisins. Par contre, j’estime que nourrir un ou deux chats durant l'hiver ne contribue pas à la surpopulation féline.

Beaucoup de villes disent qu'en interdisant de nourrir un animal errant, il mourra plus rapidement dans le but d'éliminer ses souffrances, ou parce qu'ils croient qu’en agissant ainsi, il se reproduira moins et il ne contribuera pas à participer à la population féline. Cette philosophie m'apparaît comme un moyen très inefficace d’atteindre leurs objectifs, car la faim n'enlève pas l'instinct de reproduction (même si elle peut l'influencer). Aussi, même si l’on cesse de nourrir les chats communautaires, cela n’aura que très peu d'influence sur le nombre de chats présents dans les colonies. J'irais même jusqu'à dire que cela pourrait aggraver les problèmes de dépopulation de certaines de leurs proies, car c'est tout ce qu'il leur restera comme source de nourriture.

Certains affirment que le fait de nourrir les chats communautaires favorise la reproduction d'individus souffrant de diverses maladies. En fait je crois qu'en les nourrissant pas, c'est pire car un chat affamé est plus sujet à contracter des maladies graves, et une femelle gestante souffrant de carences alimentaires peut donner naissance à des chatons dont la santé sera hautement compromise.

D’autres prétendent qu’une telle initiative encourage les gens à abandonner leur chat, sachant que d'autres en prendront soin. Pourtant, des études montrent que les gens qui abandonnent leurs chats n'ont pas un tel niveau de questionnement. Les gens abandonnent leur animal soit parce qu’ils ne sont pas responsables, soit parce qu’ils ignorent comment remédier aux problèmes de comportement de celui-ci. Point. 

Une loi interdisant de nourrir les chats errants aurait donc très peu d’influence sur le nombre de chats communautaires, en plus de nuire grandement à l’adoption de ceux-ci. En effet, ces chats développeraient de gros problèmes, en plus d'être totalement asociaux, donc non adoptables. N'oubliez pas que c'est en étant nourri que la grande majorité des chats errants développent leur caractère sociable envers l'homme, et que c’est grâce à cette affinité qu’ils peuvent être adoptés. 

Si chaque maison d'un quartier prenait en charge un seul chat, soit en s’assurant qu’il est stérilisé, soit en le confiant à la SPCA, ou encore en ayant recours à l’un des programmes de stérilisation à prix modique existants, et que ce foyer s’assurait de combler les besoins de l’animal un tant soit peu lorsqu’il est remis dans la nature, nous abaisserions le taux de surpopulation de façon drastique en très peu de temps, et ce, à peu de frais. 

La solution ne consiste pas à dépenser de l’argent pour mettre en place une loi interdisant de nourrir les chats. Je crois qu’il faut plutôt mettre sur pied des programmes de sensibilisation à la stérilisation, en plus d'imposer une formation de base à toute personne ayant le désir d’adopter un animal, comme c’est le cas dans certains pays d’Europe. Ainsi, nous pourrions réduire les abandons causés par des problèmes de comportement, car non seulement les propriétaires auraient appris à éviter le développement de problèmes de comportement chez leur animal, mais ils sauraient également qu’il existe des solutions. Réglementer la vente d'animaux domestiques en plus de leur donner un statut légal plus important que celui que l’on donne à un grille-pain, comme c’est le cas actuellement, serait aussi très favorable à la cause. ​

 

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