Éditorial et blogue

La désinformation au nom d'animaleries douteuses

VOTRE ÉDUCHATEUR SE FÂCHE : LA DÉSINFORMATION AU NOM D’ANIMALERIES DOUTEUSES

Assez, c’est assez ! La plupart du temps, mes articles sont remplis d’humour mais exceptionnellement, cet article sera un peu plus épicé. Je ne peux pas rester silencieux devant une récente requête en justice : des animaleries veulent invalider un nouveau règlement de la Ville de Montréal. 

Pour vous mettre en contexte, le conseil municipal a adopté un règlement sur l’encadrement des animaux domestiques. Ce dernier prévoit, entre autres mesures, qu’à partir du 1er juillet 2019, les animaleries de Montréal ne pourront plus vendre des chats, des chiens ou autres animaux domestiques que s’ils proviennent d’un refuge. Bien qu’il n’incorpore pas de mesures éducatives, je salue ce règlement ! Il permet d'aider les refuges qui euthanasient des milliers d’animaux chaque année faute de place et met un frein aux usines à chiots ou chatons qui vendent principalement aux animaleries.

Mais voilà qu’un avocat représentant une dizaine d’animaleries vient sur la place publique pour décrier que ce règlement serait « illégal ». Il justifie ses dires par des arguments qui ne sont rien d’autre que de la désinformation. C’est la principale raison pour laquelle j’interviens dans le débat. L’avocat prétend que, contrairement à ce que l’on croit, l’approvisionnement des animaleries est contrôlé et que les éleveurs qui les approvisionnent sont responsables. C’est ici que je me fâche. NOUS SOMMES RECONNUS PAR LES AUTRES PAYS COMME ÉTANT L’UN DES PIRES ENDROITS AU MONDE en matière d’usines à chiots et chatons. Les normes ne sont pas assez sévères ou mal encadrées, faute de ressources. Le nouveau règlement du MAPAQ a amélioré la situation, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire en ce qui a trait au bien-être animal.

Est-il vrai que certaines animaleries font les choses correctement en matière de vente d’animaux ? Bien sûr, j’en connais. Est-ce qu’elles sont en majorité ? J’en doute, mais même si c’était le cas, le fait est qu’il y a des animaleries qui ne font pas les choses convenablement. Il en résulte de la souffrance animale et de possibles problèmes de comportement après l’adoption. Ces simples arguments justifient à eux seuls ce règlement. Certains diront : « Oui, mais de bonnes animaleries vont payer pour une minorité de mauvaises ». Eh oui ! C’est la vie ! Toutes les lois sont faites sur ce même principe : imposer des limites communes pour contrôler une minorité de gens. Dans ce cas-ci, comme il s’agit de protéger des êtres vivants, la règlementation est pleinement justifiable.

Je m’adresse donc aux animaleries ayant fait cette requête : quelle différence cela fera-t-il de vous approvisionner à même les refuges ? Vous ferez peut-être un peu moins de profit, mais combien de fois vous ai-je entendu dire que vous avez, avant tout, le bien-être des animaux à cœur et que votre but n’est pas purement lucratif ? Donc, vous ne devriez avoir aucun problème à vous plier au règlement, n’est-ce pas ? Certes, vous aurez peut-être moins de chats de races à vendre. Mais si un éleveur vend ses animaux à une animalerie, c’est généralement parce qu’il ne parvient pas à les vendre par lui-même à cause d’une mauvaise réputation ou d’un problème de santé chez ses individus. Sinon, logiquement, il les vendrait par lui-même pour faire plus de profit, non ? Ces éleveurs sans scrupules sont des « usines à chiots ou chatons ».

Dans le domaine des chats, tous les éleveurs que je connais, même ceux qui gagneraient à améliorer leur élevage, n’accepteraient jamais de laisser leurs chatons dans une cage d’animalerie. Ils s’assurent toujours personnellement que chacun d’entre eux est placé dans une bonne famille. Donc, si un éleveur de chats vend ses chats de race à une animalerie, c’est nécessairement qu’il y a un problème avec cet éleveur. Sinon, pourquoi la majorité des éleveurs ont-ils une liste d’attente allant souvent jusqu’à deux ans ? Les éleveurs qui ne parviennent pas à placer leurs chats en produisent trop. Leur élevage est décliné par les clients pour différentes raisons. Au bout du compte, ce ne sont pas de bons éleveurs. Il peut arriver qu’un éleveur ait des portées plus nombreuses, mais si cela se produit régulièrement, c’est clair qu’il fait de la surproduction. N’oubliez pas que l’éleveur a le contrôle complet et total sur la production. C’est lui qui décide des fréquences d’accouplement. Donc s’il produit trop, c’est qu’il le décide. S’il-vous-plaît, ne me sortez pas l’argument de l’éleveur « qui veut profiter de l’animalerie pour faire connaître sa race ». Le chat n’est pas un diamant rare ou un parfum haut de gamme qu’on veut faire découvrir au moyen d'un gros Walmart Félin. En fait, si c’était le cas, Walmart Félin n’en voudrait pas, car il y a surproduction actuellement. Il y a surpopulation féline. Donc, dans un marché en surproduction, l’excédent et les produits de qualité inférieure se retrouvent au Dollar Store. Je n’ai rien contre ce type de commerce, mais dans cette analogie, c’est un peu comme si votre Dollar Store vendait des bagues en diamant, du parfum haut de gamme ou des vêtements de marque… Vous ne vous poseriez pas quelques questions sur l’origine de ce genre de produits ?

Cette analogie n’est pas parfaite et s’il vous plaît ne vous attardez pas à la démolir, car tout ce que je tiens à faire ici est de vulgariser la situation pour mieux la faire comprendre. Il est question d’êtres vivants. Il est donc important de faire comprendre la situation aux gens qui ne sont pas informés et de contrer la désinformation. Alors, restez respectueux dans vos commentaires. Ciblez plutôt les animaleries qui ne publieront jamais leurs noms. Pourquoi donc ?

 

Daniel Filion

Président, Éduchateur inc

 

 

 

 

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